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Immigration : le débat prend de l'ampleur aux USA

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Par Neila Latrous - BSCNEWS.FR / C’est un artifice usé jusqu’à la corde mais ô combien efficace : s’en prendre aux immigrés ou assimilés en temps de crise, qu’elle soit économique ou politique. Et tant pis pour les amalgames, suivez mon regard. Ce fût le créneau exclusif du Front National pendant des années. Et puis il y a eu la crise des « subprimes » et les immigrés se sont vus proposer des « aides au retour » dans des pays aussi respectables que l’Espagne.

En la matière, la bataille qui se joue actuellement aux Etats-Unis entre l’administration Obama et les élus de l’Arizona est pleine d’enseignement. Retour sur les événements.

En avril dernier, le Congrès d’Arizona, à majorité républicaine, adopte une loi ultra répressive contre les immigrés illégaux. Loi applicable dans le seul périmètre de l’Etat, mais qui autorise entre autres la police à enquêter sur toute personne « raisonnablement » soupçonnée d’être entrée illégalement sur le territoire américain. Une sorte de délit de faciès institutionnalisé.
Manifestation en Arizona contre une loi sur l'immigration
La loi déclenche un tonnerre de protestations. Dans l’Etat tout d’abord, où le nombre d’immigrés clandestins, essentiellement d’origine hispanique, est estimé à un demi-million. Mais aussi à l’échelle nationale, puisque l’administration Obama se dit hostile à ce texte. Les stars latinos font connaître leur indignation. Le Congrès d’Arizona met de l’eau dans son vin en amendant le texte : les contrôles seront conditionnés à un délit préalable.
Le débat va révéler une rupture profonde entre ce que l’on pourrait appeler l’élite d’un côté, et l’Amérique WASP d’autre part.  Des sondages montrent qu’à l’échelle nationale, plus d’un Américain sur deux soutient la réforme.  D’autres Etats sont tentés de s’inspirer de ce texte.

La justice appelée à la rescousse

Début juillet, le gouvernement fédéral saisit la justice pour invalider la loi. Barack Obama avance qu’elle interfère « avec les intérêts vitaux de la politique étrangère et de sécurité nationale en perturbant les relations des Etats-Unis avec le Mexique et d’autres pays ». Le risque d’inconstitutionnalité existe. Nouveau désaveu pour le gouvernement : son recours est désavoué par 50% des Américains.
Le ton monte entre les républicains d’Arizona qui accusent Obama de se placer du côté des dealers mexicains – quand je vous parlais d’amalgames – et le président américain qui répond sur le terrain des valeurs et des intérêts nationaux.
Face à la polémique, le gouvernement fédéral annonce l’extension d’un programme visant à identifier les immigrés clandestins, grâce aux empreintes digitales obtenues lors d’arrestations. C’est à se demander si le remède n’est pas pire que le mal. Des associations de défense des droits des migrants font valoir que ce programme risque de décourager d’éventuelles victimes à coopérer avec la police, par crainte que leur statut migratoire ne soit découvert.
En ce qui concerne la réforme votée en Arizona, elle est partiellement censurée par une  juge fédéral de Phoenix ce mercredi, la veille de son entrée en application. Est bloquée la disposition qui autorisait la police à vérifier la légalité de la présence d’une personne arrêtée pour une infraction. Le Congrès de l’Arizona a annoncé son intention de poursuivre la bataille et pourrait solliciter l’expertise de la Cour Suprême.

Que nous apprend cette affaire ?


D’une part le fédéralisme a du bon en terme d’équilibre des pouvoirs. La décentralisation réussie aux Etats-Unis a cela de bon que les débats trouvent plusieurs relais de diffusion et plusieurs places où s’exprimer. Ensuite que la question de l’immigration reste sensible dans un pays qui se perçoit comme une terre de brassages culturel et ethnique et où le nombre d’immigrés clandestins est estimé à 10,8 millions.
Il convient de comparer les débats qui ont cours aux Etats-Unis à ceux que nous avons connu en France au moment de la fermeture de la jungle de Calais et à celui qui se dessine actuellement derrière la polémique sur les Roms. De ce côté ci de l’Atlantique, la politique migratoire semble à l’image de la droite actuelle : décomplexée. Contrôle d’identité arbitraire, placement en rétention administrative ou encore reconduite aux frontières : les polémiques ne prennent, au fond, que le temps de l’agitation médiatique.

A l’inverse, là où l’Amérique met en place dans une relative indifférence politique un programme de collecte des empreintes digitales, la France se heurte encore à de violentes oppositions dès lors qu’il s’agit de consigner des données. Eric Besson avait bien enterré l’an dernier les tests ADN en dépit du vote positif de l’Assemblée. Et si c’était ça, l’exception française ?

Ministère du Travail : un remaniement permanent

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Eric Woerth aux Rencontres de la Modernisation de l'EtatPar Neila Latrous - BSCNEWS.FR / Vous en conviendrez, quand on est le président du « travailler plus pour gagner plus » et qu’on considère la réforme des retraites comme la plus importante du quinquennat, on prête une attention toute particulière à la façon dont fonctionne le ministère du Travail. On prend garde, par exemple, à ce qu’il ne soit pas frappé d’instabilité ministérielle. Ca, c’est pour la théorie.

En pratique, le gouvernement a connu quatre ministres différents à ce poste en à peine trois ans. Chacun d’eux est resté 9 mois en moyenne. Avec des fortunes diverses. Un an et sept mois de longévité pour Xavier Bertrand, premier occupant de la rue de Grenelle. Nommé le 18 mai 2007, Xavier Bertrand quittera son ministère en janvier 2009 quand Nicolas Sarkozy lui demande de prendre la tête de l’UMP, en remplacement de Patrick Devedjian à qui l’on reproche de ne pas tenir le parti.

Exit Xavier, welcome Brice ! Brice Hortefeux quitte ce ministère de l’Immigration qui a tant terni son image pour un portefeuille à l’accent social. Las, l’ami d’enfance de Nicolas Sarkozy s’y ennuiera profondément et demandera à être recasé place Beauvau après le remaniement de juin 2009, lui qui a été élu « par erreur » aux européennes.

C’est le retour d’un Xavier au ministère. Enfin, Xavier Darcos, qui troque l’Education contre le Travail, les Relations sociales, la Famille, la Solidarité et la Ville. Un portefeuille long comme un bras qu’il conservera jusqu’aux régionales. Bis repetita en mars 2010, les syndicats voient à nouveau changer leur interlocuteur.

Et c’est à ce moment qu’Eric Woerth prend ses nouvelles fonctions rue de Grenelle. La classe politique se demande désormais quand est-ce que le trésorier de l’UMP posera sa démission, embourbé qu’il est dans l’affaire Bettencourt. Si un remaniement survient dans les jours qui viennent, Eric Woerth aura tenu quatre mois.

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